Le Diable s'habille en Prada 2: Un film sur la crise de la presse
Le Diable s'habille en Prada 2 est une suite qui a su prendre son temps avant de revenir sur les écrans, non pas pour des raisons purement mercantiles, mais parce qu’elle avait réellement quelque chose à raconter. Vingt ans après le premier opus et la composition devenue légendaire de Meryl Streep dans le rôle de Miranda, martyrisant la pauvre Andy, incarnée par une Anne Hathaway pleine de candeur, ces personnages iconiques reviennent dans une dynamique totalement différente.
De l’eau a coulé sous les ponts. Andy est désormais une journaliste reconnue et primée, mais frappée de plein fouet par la crise de la presse écrite, précisément au moment où elle pensait enfin pouvoir savourer la consécration de son travail. Une désillusion qui provoque finalement son grand retour chez Runway.
Et la dynamique change immédiatement. Là où le premier film mettait en scène une jeune ingénue découvrant un univers qui la dépassait, cette suite nous présente une femme affirmée, sûre d’elle, forte d’une véritable légitimité professionnelle. Pourtant, face à Miranda, elle reste toujours aussi déstabilisée. Mais là où le film de David Frankel frappe juste, c’est qu’il montre aussi que Miranda elle-même, malgré sa toute-puissance, n’est plus immunisée contre les secousses du monde moderne.
Le film aborde avec beaucoup d’intelligence la crise de la presse, les mutations du métier de journaliste — désormais davantage guidé par la recherche du clic et du like que par le travail de fond — mais aussi l’évolution des rapports professionnels, notamment autour des questions de harcèlement et de management toxique. Même l’univers du luxe n’échappe plus aux impératifs économiques qui rendent de plus en plus difficile le maintien de cette vie d’apparat que le premier film glorifiait autant qu’il la critiquait.
Le scénario déploie tout cela avec humour, finesse et une vraie profondeur. Et même lorsqu’il se moque un peu de Miranda, il conserve toujours une forme de tendresse à son égard, notamment à travers sa relation avec Nigel, interprété par un excellent Stanley Tucci, véritable caution morale de cet univers aussi fascinant qu’absurde.
La réalisation, élégante et sobre, met constamment en valeur les costumes et les décors à travers une composition des plans particulièrement soignée. Le film comprend parfaitement que la mode doit être filmée avec admiration, sans jamais tomber dans le clip publicitaire prétentieux.
Là où le premier film racontait une séparation inévitable, cette suite choisit au contraire de mettre en scène un rapprochement presque salvateur. Elle rappelle que derrière le luxe, les ego et les faux-semblants, ce milieu fonctionne avant tout comme une immense famille dysfonctionnelle incapable de réellement se quitter. Et c’est précisément ce qui permet au film d’atteindre une profondeur émotionnelle supérieure à celle du second roman, qui semblait finalement avoir beaucoup moins de choses à raconter.
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Le Diable s'habille en Prada 2
Le Diable s'habille en Prada 2 est un film réalisé par David Frankel avec Meryl Streep, Anne Hathaway. Synopsis : Miranda, Andy, Emily et Nigel replongent dans l'univers impitoyable et glamour du...
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