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Publié par andika

C’est un film que je redoutais, tant je ne me pensais pas capable de me replonger dans cette histoire. Et pourtant, j’y suis allé. Pour soutenir la famille de Monsieur Paty, rendre hommage à sa vie, à sa carrière et à son service de la République. Je n’ai pas pu retenir mes larmes à la fin, alors même qu’il n’y avait aucune surprise.

Malgré la proximité encore brûlante de l’événement, et la nécessité presque délicate de le représenter, le réalisateur Vincent Garenq n’oublie jamais de faire du cinéma, de raconter aussi par l’image. Un zoom sur une chaise vide, des gros plans sur le visage d’Antoine Reinartz, qui se fond dans le rôle de Samuel Paty avec une aisance bouleversante. Dans son regard, on voit la joie de vivre disparaître peu à peu, jusqu’à l’irréparable.

Le film a également l’intelligence de montrer l’assassin le moins possible. Relégué à l’arrière-plan, flou, souvent hors champ, il n’est presque jamais pleinement visible lorsqu’il occupe le premier plan. Un choix de mise en scène fort, qui refuse toute fascination malsaine. Le travail sur la lumière mérite lui aussi d’être salué : les contre-jours dans les salles de classe aux immenses fenêtres répondent à l’obscurité étouffante des locaux de la SDAT. Chaque image semble pensée avec soin.

On pourra reprocher au montage un usage un peu excessif des coupes à écran noir, qui cassent parfois la fluidité du récit et donnent par moments l’impression d’une juxtaposition de scènes plus que d’un véritable souffle narratif. Mais cela affecte finalement peu la dramaturgie. Car même en connaissant l’issue, impossible de ne pas être profondément bouleversé par le dernier plan, sans doute le plus bel hommage que le film pouvait offrir.

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