La Bataille de Gaulle - Partie 2 : J’écris ton nom: Libération
Le problème avec les diptyques au cinéma, c'est qu'ils sont souvent déséquilibrés : la seconde partie a fréquemment moins de choses à raconter. Ces œuvres ne sont pas pensées comme deux films véritablement autonomes, mais comme les deux moitiés d'un même récit. On l'a vu avec Matrix Reloaded et Matrix Revolutions, ou plus récemment avec Les Trois Mousquetaires. À l'inverse, L'Œuvre sans auteur parvenait à faire exister chacune de ses deux parties indépendamment.
Antonin Baudry livre ici un second volet de moindre facture que le premier. Les événements qu'il met en scène sont moins immédiatement accessibles et s'éloignent davantage de la grande Histoire. Là où L'Âge de fer puisait son souffle dans Don Quichotte, J'écris ton nom convoque directement Paul Éluard, le poète de l'Occupation, dont l'aspiration à la liberté met du temps à trouver une traduction concrète dans les événements.
Le film accorde ainsi une place plus importante à Jean Moulin, interprété par un exceptionnel Félix Kysyl. Mais si cette figure majeure de la Résistance occupe le devant de la scène, il ne s'agit pas pour autant d'une adaptation de L'Armée des ombres. En parallèle, le récit suit également Leclerc et ses campagnes en Afrique. L'ensemble donne toutefois davantage l'impression d'une succession de scènes et d'épisodes historiques que d'une véritable progression dramatique, là où le premier film formait un tout plus cohérent.
Le souffle épique retombe également lorsque De Gaulle enchaîne les négociations avec les Britanniques, les Américains et même les Français qui contestent sa légitimité pour définir ce que sera la France d'après-guerre.
Le film finit aussi par déplacer son centre de gravité. Avant même la défaite de l'Allemagne nazie, il s'intéresse déjà aux questions de souveraineté française et aux ambitions américaines à travers l'intrigue de l'AMGOT. Si cet épisode historique est intéressant, il détourne parfois le regard de ce qui devrait rester l'essentiel.
Car l'essentiel, c'est la Libération. Ce sont les mots d'Éluard, cette liberté si chèrement conquise par les résistants, que le film retrouve dans les scènes de la Libération de Paris en 1944. C'est précisément là que J'écris ton nom me laisse un léger sentiment d'inabouti : malgré la force des événements qu'il raconte, il peine à susciter l'émotion qu'ils portent naturellement.
Impossible, dès lors, de ne pas penser à Figure humaine de Francis Poulenc, qui met en musique le poème Liberté d'Éluard dans une immense fresque chorale composée pendant l'Occupation. Là où la cantate transforme ces vers en une irrésistible montée d'espérance jusqu'à leur éclatante libération finale, le film demeure plus cérébral qu'émouvant. Une belle conclusion historique, mais une émotion qui, elle, reste un peu en retrait.
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La Bataille de Gaulle - Partie 2 : J'écris ton nom
Juin 1940. La France s'effondre et signe l'armistice. Au milieu du chaos, un homme refuse de céder. Seul contre tous, ce général inconnu s'échappe vers Londres pour sauver ce qu'il reste d'un r...
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