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Publié par andika

Superman de James Gunn est déjà le second reboot du héros kryptonien en vingt ans. Il ne faut pas oublier que Superman Returns de Bryan Singer (2006) se voulait une suite officielle du film de 1978. Mais après cette tentative nostalgique peu concluante, c’est Man of Steel de Zack Snyder qui, en 2013, proposait une relecture radicale. Un film controversé, mais qui osait plonger Superman dans une crise identitaire profonde, dans la lignée sombre et sérieuse des Batman de Nolan. Warner avait alors compris que le sérieux faisait vendre.

Puis Marvel est passé par là.

Avec Avengers en 2012, Disney a injecté dans les veines du cinéma super-héroïque une dose massive de fun, d’humour et de couleurs. Depuis, l’ambiance a changé. Tellement changé que Warner a fini par embaucher James Gunn, transfuge talentueux de la concurrence (la trilogie Les Gardiens de la Galaxie, c’est lui), pour rebooter une nouvelle fois l’univers DC. Une manière de dire : “Bon, oubliez tout. On recommence, mais en souriant cette fois.”

Un Superman solaire, cohérent et attachant

Disons-le tout net : ce nouveau Superman est une réussite.

Le film tient la route de bout en bout. Il est bien écrit, bien dialogué (mention spéciale au chien Krypto, hilarant et touchant), et surtout, il sait ce qu’il veut raconter. Gunn ne cherche pas à faire du clinquant ou du provocateur. Il veut redéfinir Superman pour aujourd’hui, et il y parvient.

Chez lui, Superman est une figure positive, profondément humaine, qui voit le meilleur en chacun de nous. Il espère. Il sourit. Il sauve tout le monde, y compris un petit écureuil. Et surtout, il doute, non pas de lui-même, mais de la nature humaine quand celle-ci se retourne contre lui, alimentée par les réseaux, les trolls, la propagande.

Mais il continue d’agir. Parce que c’est ce qu’un héros fait.

Clark Kent, enfin humain

David Corenswet incarne à merveille ce Superman lumineux mais fragile, à la fois charismatique et vulnérable. Il a le physique du rôle (faut pas se mentir), mais aussi une douceur sincère qui fait mouche. On sent que Gunn s’est appliqué à contrebalancer le parti pris de Snyder : là où Man of Steel posait des questions existentielles en mode tragédie grecque, Superman choisit la clarté des valeurs simples. Il sourit, il s’excuse, il discute, et surtout : il reste lui-même, même au cœur du chaos.

Les séquences de destruction sont là, bien sûr (Lex Luthor ne fait pas dans la dentelle), mais Gunn les traite différemment. On prend le temps de dire que les dégâts coûtent des milliards. Et surtout, elles sont l’arrière-plan, pas le clou du spectacle. Ce n’est plus l’apocalypse, c’est le décor d’un acte héroïque.

Une Lois Lane moderne et touchante

Face à lui, Rachel Brosnahan est exceptionnelle. Sa Lois Lane est drôle, déterminée, vulnérable sans être victime, et surtout terriblement actuelle. Leur couple est traité avec beaucoup de subtilité : ils sont ensemble… sans vraiment le dire. Un couple de trentenaires d’aujourd’hui, qui avance entre doutes, complicité et non-dits. Pas besoin de jouer la carte du grand amour dramatique : c’est plus réaliste, plus intime.

Et comme souvent chez Gunn, les dialogues sonnent juste. Qu’il s’agisse de réparties légères ou de moments plus graves, la dynamique entre Clark et Lois fonctionne sans forcing.

Un film ancré dans son époque

Le film prend aussi le temps de dépeindre notre époque :

  • Les réseaux sociaux,

  • Les fake news,

  • Les fermes à trolls (littéralement),

  • La manière dont l’opinion publique peut basculer d’un tweet.

Superman est ici une figure publique scrutée, commentée, manipulée, et cela crée une tension très actuelle. Quand une partie de la population retourne sa veste parce qu’un message kryptonien caché suggère qu’il devrait dominer le monde et se reproduire en série (oui, oui), on sent que Gunn s’amuse avec l’absurdité contemporaine, tout en racontant quelque chose de fort sur la vérité, le doute, et la perception du héros.

Action, spectacle, et prémices d’un nouvel univers

Bien sûr, Superman est aussi un film à grand spectacle, avec des scènes d’action lisibles, épiques, souvent jubilatoires. Et Gunn en profite pour installer quelques éléments d’un univers partagé : on croise déjà un Green Lantern, on affronte des Kaijus géants, et on sent que la “Justice Gang” se profile.

Mais ce n’est jamais au détriment du personnage central, qui reste au cœur du film, aimé et aimable.

En résumé

Avec Superman, James Gunn réussit à rebooter sans renier, à moderniser sans cynisme, et surtout à réconcilier Superman avec le public. Il livre un film lumineux, drôle, touchant, où l’action ne noie jamais l’émotion.

Et quand, à la fin, on se surprend à avoir sincèrement envie que ce gars en slip rouge réussisse à rendre le monde meilleur, on se dit que oui : on tient là le Superman qu’on attendait.

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