Avatar : de Feu et de Cendres: Le spectacle sans le risque
Avatar : De feu et de cendres s’inscrit dans la continuité directe de La Voie de l’eau, reprenant le récit là où il s’était arrêté, après la mort tragique du fils aîné de Jake Sully. Là où Avatar posait les bases d’un grand récit initiatique, et où La Voie de l’eau parvenait à donner à cette saga une dimension plus intime, presque familiale, De feu et de cendres semble cette fois s’enliser dans un feuilleton galactique qui peine à renouveler ses enjeux.
Avec ses 3h15 de projection, le film affiche une ambition certaine, mais une ambition qui tourne à vide. La narration reste fluide, on ne s’ennuie pas à proprement parler, et pourtant le sentiment domine que le récit s’étire inutilement. Plus problématique encore : malgré cette durée conséquente, le scénario souffre de zones de flou difficilement justifiables, notamment dans la traque menée par Miles Quaritch, dont certaines ellipses et incohérences fragilisent la tension dramatique.
Le film multiplie également les scènes jouant à fond la carte du suspense et de la tragédie, mais sans jamais réellement tromper le spectateur. Car l’issue est toujours connue d’avance. On sait pertinemment que Disney ne permettra ni le suicide d’un personnage central, ni qu’un protagoniste franchisse une véritable ligne rouge morale. Cette absence de prise de risque affaiblit considérablement le propos. La guerre est certes montrée comme violente, mais les choix auxquels sont confrontés les personnages demeurent systématiquement confortables. James Cameron évoque les dilemmes… sans jamais les assumer pleinement.
C’est précisément là que De feu et de cendres déçoit, surtout après un Avatar 2 qui avait su trouver une forme de sincérité dans sa réflexion sur la parentalité et l’exil. Ici, le drame semble davantage simulé que vécu, comme si le film voulait donner l’illusion de la maturité sans en accepter les conséquences.
L’un des rares apports réellement intéressants de cet opus réside dans l’introduction de la tribu des Cendres. Pour la première fois, le film s’éloigne du mythe du « bon sauvage » et montre que les Na’vi peuvent eux aussi être mus par la soif de pouvoir, la violence et la domination. Sur cet aspect, le film gagne en épaisseur et en ambiguïté morale. La performance d’Oona Chaplin y est d’ailleurs remarquable et donne corps à cette nouvelle facette de Pandora, plus sombre et plus dérangeante.
Autre élément appréciable : voir d’anciens ennemis contraints de collaborer, notamment autour de la paternité d’un même enfant, permet au récit de retrouver ponctuellement une tension plus intime, où les enjeux personnels prennent le pas sur le conflit galactique. Ce sont dans ces moments-là que le film retrouve un semblant de justesse.
Visuellement, De feu et de cendres reste une réussite incontestable. Pandora demeure un monde d’une richesse et d’une immersion rares, surtout en IMAX. Les séquences de bataille sont spectaculaires, maîtrisées, et impressionnantes. Mais au troisième film, le sentiment de déjà-vu s’impose. Les humains sont toujours aussi cupides et destructeurs, les Na’vi toujours dans la résistance, et Pandora continue de récompenser ceux qui savent s’y connecter. La mécanique est bien huilée… trop bien.
James Cameron a encore deux suites prévues. Pourtant, face à ce troisième volet, une question s’impose : a-t-il encore quelque chose de réellement nouveau à raconter, ou se contente-t-il désormais de perfectionner une formule qu’il a lui-même créée ? Tant que le public suivra, la question restera sans réponse. Mais à force d’éviter le risque, même le plus grand des spectacles finit par perdre de sa puissance.
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Avatar : de Feu et de Cendres est un film réalisé par James Cameron avec Sam Worthington, Zoe Saldana. Synopsis : Le troisième volet de la saga "Avatar".
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