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Publié par andika

Un film qui sait créer le mystère, entretenir une ambiance intrigante, qui captive le spectateur… jusqu’à le lasser tant il raconte finalement peu. Christian Petzold installe une atmosphère feutrée, mystérieuse, presque hypnotique. Les cadres sont élégants, la photographie léchée, et chaque plan semble savamment composé. Sur le plan formel, rien à dire : la mise en scène est précise, fluide, toujours juste.

On devine des bribes de grands thèmes : le deuil, l’absence, la douleur, le suicide. Mais tout reste esquissé, suggéré, jamais vraiment approfondi. L’impression est celle d’une toile à moitié peinte, où l’on distingue les contours sans que les couleurs ne s’emplissent vraiment. Les personnages, eux aussi, sont survolés. Paula Beer et ses partenaires sont excellents, mais leur jeu se heurte à un scénario qui leur donne trop peu à incarner pour pleinement exister.

Ce sentiment de frustration fait écho à celui que j’avais eu en découvrant Ondine, cinq ans plus tôt. Là encore, Petzold ouvrait son film par une scène marquante — une rupture amoureuse brutale, aux résonances mythologiques — avant de laisser retomber l’intensité dans une mise en scène sage, presque contemplative, où seule la performance habitée de Paula Beer donnait au film son magnétisme. Dans Miroirs No. 3, le procédé est similaire : une promesse de drame et de mystère, rapidement diluée dans une atmosphère qui préfère les silences aux affrontements.

Quant au titre, il reste une énigme. Les “Miroirs” renverraient à l’idée de reflet, de survivants devenant l’écho des disparus ; le “No. 3” marquerait la troisième pièce d’un triptyque entamé avec Ondine et Le Ciel rouge. Mais Petzold laisse ces clés en suspens, comme à son habitude, préférant le mystère au discours.

Au fond, ce film laisse le spectateur partagé : fasciné par la beauté plastique de cet été allemand et l’atmosphère, frustré par le peu de matière dramatique. Pour ma part, j’y ai trouvé ce que je cherchais — entendre de l’allemand en salle — mais sur le reste, je ressors avec un sentiment d’inachevé.

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