Overblog Tous les blogs Top blogs Films, TV & Vidéos Tous les blogs Films, TV & Vidéos
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

Pages

Archives

Publié par andika

I Want Your Sex est le titre d'une célèbre chanson de George Michael que Gregg Araki reprend ici pour une comédie drolatique, portée par la divine Olivia Wilde dans le rôle d'Erika, une artiste décalée et particulièrement portée sur la chair. Cette dernière engage un nouvel assistant, Eliot, interprété par le solaire Cooper Hoffman. Et leur relation ne va pas tarder à déborder du simple cadre professionnel.

En prenant pour terrain de jeu le monde de l'art contemporain et ses performances ouvertement tournées vers le sexe, Gregg Araki et sa co-scénariste Karley Sciortino peuvent dénoncer avec sarcasme et humour certaines dérives de notre époque. Un art contemporain snob, finalement bien peu préoccupé par l'art et davantage par le marketing et la communication. Une jeune génération, à l'inverse, présentée comme coincée, enfermée dans sa pensée « woke », incapable de baiser et, surtout, de se libérer.

Le choix d'Olivia Wilde, qui n'a jamais caché ses positions progressistes, pour incarner un personnage aussi critique envers certaines dérives contemporaines relève d'une ironie particulièrement mordante. Et faire de son personnage une femme abusive, toxique et manipulatrice constitue un contrepied assez savoureux.

Le sexe et le fantasme sont toujours différents lorsqu'ils passent du domaine de l'imaginaire à celui de la réalité. Eliot va rapidement en faire les frais et en voir de toutes les couleurs. Son rapport aux femmes est d'ailleurs particulièrement intéressant, qu'il s'agisse de sa petite amie, de sa patronne ou de sa colocataire. Ces différentes interactions permettent de dépeindre, à des degrés divers, la complexité des relations entre les sexes et donnent au film une profondeur assez insoupçonnée au premier abord.

Mais plus que le fond, c'est aussi la forme qui véhicule le propos. La mise en scène est dynamique, inventive et visuellement très travaillée. La photographie pop et colorée, tout droit sortie d'une publicité, évoque un univers visuel qu'Andy Warhol n'aurait certainement pas renié. Ici, rien n'est vraiment naturel : l'image elle-même semble artificielle, comme pour mieux souligner la superficialité de ce monde entièrement tourné vers les apparences.

Et pourtant, au milieu de ce tumulte, la relation entre Erika et Eliot parvient finalement à trouver une once d'authenticité, alors même qu'elle ne correspond absolument pas aux clichés habituels de la romance. C'est peut-être là que le film est le plus réussi : malgré son goût évident pour la provocation et malgré le plaisir qu'il prend à se moquer du milieu qu'il dépeint, Gregg Araki ne sacrifie jamais ses personnages à son dispositif. Ils évoluent, se confrontent et finissent par trouver un chemin cohérent.

Une comédie qui, derrière son goût pour le sexe, la provocation et la satire, se révèle finalement bien plus profonde qu'elle n'en a l'air.

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article