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Publié par andika

Les médecins prêtent un serment et chacun le respecte selon sa pratique, ses choix de carrière, sa manière d'exercer. Mikael, généraliste de son état, a décidé d'exercer son art au profit des déshérités, des toxicomanes, et des personnes que personne ou presque ne veut aider. Comme il le dit au début du film face à l'inspectrice de l'assurance maladie qui s'inquiète de son nombre astronomique d'ordonnances de stupéfiants, tout ceci est politique.

Cependant, on découvre rapidement que même s'il s'agit un peu de militantisme, comme lorsqu'il consulte à l'arrière de sa voiture, qu'il essaye d'entrer dans une association, il y a également autre chose. Un trafic de stupéfiants dont le cousin de notre bon médecin, pharmacien de son état, semble subir. Dimitri en effet (Pio Marmai égal à lui-même), fait affaire avec des géorgiens et semble être sous pression dans son officine. 

Dans ce film nocturne à peu de lumière (hors la famille délaissée de Mikael), on entre dans les ténèbres d'un professionnel de la santé. On entre dans les rouages d'un trafic de drogue crapuleux où ceux qui sont censés soigner, déversent le mal. Soit pour aider, soit simplement pour gagner plus d'argent. Bientôt, le Subutex ne suffira plus et il faudra du Fentanyl. Mais devant ce médicament plus puissant, la morale du docteur refera surface.

Le film est un peu répétitif, une consultation traditionnelle en suit une autre qui l'est moins. Une altercation suit un moment plus doux. Cependant, on est devant des personnages brisés, chacun d'entre eux. Pour beaucoup peu recommandables et même parfois un peu salauds. Mais au milieu de cette nuit agitée, on essaye quand même de faire du bien. Ainsi, ces gros plans constants sur les personnages montrent l'humain derrière le médecin, le dealer, le toxico. Et on est touché par cette humanité avec ses failles découvertes. Mais une humanité qui a juste faim d'amour. De par la communauté d'un côté (les personnages principaux étant subtilement présentés comme juifs). Par la famille ensuite qu'il faut défendre. Et enfin, par la passion amoureuse, pas toujours bien placée. Devant toutes cette vulnérabilité, on est touché. Surtout grâce aux performances de Vincent Macaigne, superbe médecin de nuit, et Sarah Le Picard, qui joue Sacha, l'épouse du médecin, et qui est un peu le témoin de cette histoire, placée sur le même point que le spectateur.

Un scénario honnête, une mise en scène avec quelques idées pour une histoire très originale.

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