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Publié par andika

Ce qui était cool dans The Social Network, ce n’était pas Facebook. Ce n’était pas Mark Zuckerberg. Ce n’était même pas le scénario de Sorkin. Non, ce qui était cool, c’était la mise en scène de David Fincher.

The Social Reckoning manque d’ampleur cinématographique, même si cette histoire vaut le coup d’être racontée. Ce qui aura pour conséquence d’avoir un impact moins mémorable que son prédécesseur. Alors même que le sujet traité ici est d’une plus grande importance.

Et ce postulat est simple à faire, car sans David Fincher, raconter ce genre d’histoire peut s’avérer périlleux. D’autant plus que l’envie de comparer sera forcément présente.

Aaron Sorkin revient à Facebook, au scénario, mais aussi derrière la caméra et, disons-le d’emblée, visuellement, ce qu’il propose est assez pauvre. Même si la photographie est correcte et les plans fonctionnels, aucune image n’imprime la rétine à la sortie du film. Le montage est mollasson, avec les interstices montrant une frise chronologique allant sans cesse de 2020 à 2021. Ici, nous n’avons pas le montage nerveux du premier opus, alternant entre Harvard et les deux procès sans jamais perdre le spectateur. Nous n’avons pas de séquence comparable à la course d’aviron. Et pire, nous n’avons même pas le verbe qui fait pourtant la réputation de Sorkin.

Alors même que l’histoire racontée dans The Social Reckoning est d’une plus grande importance. Là où la genèse de Facebook pouvait se confondre un peu avec une querelle d’université entre étudiants, les implications de ce qui est raconté dans The Social Reckoning sont d’une toute autre importance. Il en va de la survie de la démocratie elle-même.

Même si, cinématographiquement, la grammaire de Sorkin pêche un peu, le scénario, lui, véhicule très bien cette idée, cette urgence et la nécessité d’agir.

Le duo Frances Haugen et Jeff Horowitz fonctionne à merveille, car l’alchimie entre Mikey Madison et Jeremy Allen White est crédible à l’écran. Ils s’apprivoisent, s’observent et finissent par collaborer. Une sorte de comédie romantique qui se consomme dans la production des Facebook Files !

Mais les enjeux ne se limitent pas à Facebook. Et c’est là que Sorkin excelle : il distille aussi des questionnements sur la place de la presse traditionnelle dans la diffusion de l’information. La tension entre la liberté d’expression et le fait de fournir un mégaphone à tout le monde pour véhiculer tout et n’importe quoi, mais surtout le contrôle que doit exercer celui qui gère la plateforme, à savoir Mark Zuckerberg.

Là où ce personnage était clairement le protagoniste de The Social Network, sa présence est beaucoup plus diffuse dans The Social Reckoning. Jeremy Strong, après Succession, est enfin devenu le boss, et il le joue avec un contrôle des émotions assez bluffant et ressemblant au personnage, même si, parfois, sa diction devient un peu trop une imitation caricaturale. Mais comme la majorité de ses scènes est une répétition d’une audition au Congrès, ce parti pris fait sens.

Ainsi, The Social Reckoning étonnera ceux qui ont aimé le film de Fincher. Il en décevra d’autres, mais ne laissera pas indifférent. Car il se démarque suffisamment pour apporter un regard neuf sur un site internet qui a bien changé en un peu plus de 20 ans d’existence.

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