Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Pages

Publié par andika

Killers of the Flower Moon est le nouveau film du divin Martin Scorsese et il s'insère parfaitement dans sa filmographie. En effet, une fois de plus, le réalisateur américain place sa caméra sur les failles des hommes. Leurs médiocrités, leurs défauts, leur avidité. Il teste continuellement ses personnages dans des dilemmes moraux assez ardus. 

Contrairement aux Affranchis où, même en traitant de la mafia, ils nous présentait des personnages auxquels on pouvait s'attacher, rien de tel dans Killers of the Flower Moon. Ce film raconte l'histoire de la nation Osage aux Etats-Unis, et les meurtres dont les membres de cette communautés d'indiens américains ont été victime au début de 20ème siècle, sous fond de l'essor du pétrole en Oklahoma.

L'approche prise ici par Scorsese et le scénariste Eric Roth est novatrice, passionnante. Il ne s'agit pas un film sur l'enquête. Il s'agit d'un film sur une communauté vouée à disparaitre, inéxorablement. Fatalement, dans une ambiance crépusculaire. Et tout cela, pour l'avidité et la cupidité de quelques uns qui ne reculeront devant rien et agiront dans une impunité presque totale. Et on voit toutes es souffrances de ces indiens. Là où, dans Silence par exemple, le réalisateur se concentrait sur les deux jésuites et laissait de côté les japonais.

Mais au cours des près de 3h30 de film, on se rend compte que le mécanisme de destruction des Osages se fait par plusieurs moyens, qui vont tous dans le même sens. Les blancs se concertent et resserrent l'étau tel un boa enveloppe sa proie. On le constate notamment lorsque Ernest, de retour de la guerre (Leonardo DiCaprio, moche, lâche et benêt, un contre emploi salutaire) arrive chez son oncle King (Robert De Niro, le mal incarné), et demande à son chauffeur Osage à qui appartient le terrain qu'ils parcourent. Ce dernier répond simplement que c'est son territoire. Mais cela se traduit également par le statu réservé à ces natifs américains. Bien que richissime, la majorité d'entre eux est considérée comme incapable. A savoir qu'il ont besoin d'un tuteur pour administrer leurs biens. Un tuteur bien blanc, comme il se doit. Mais aussi, les mariages plus ou moins désintéressés contractés avec de jeunes et jolies indiennes.

Bien que le film soit long, il permet d'approfondir le sujet, de développer les personnages et ainsi, donner un contexte large afin que la compréhension de l'histoire ne fasse aucun doute. Du doute, on en a au début quand on ne sait pas qui est responsable des meurtres. Cependant, peu à peu, le doute se dissipe, et on se rend compte que l'on suit les meurtriers de très près. Tout comme le personnage de Mollie (fantastique Lily Gladstone), une osage mariée au protagoniste, et qui est un peu placée à la même place que le spectateur.

Le rythme lent met dans une certaine ambiance et crée l'attente. L'attente du prochain meurtre (toujours filmé de façon froide, la violence banale), mais aussi l'attente qu'on confonde les commanditaires. Car ceux qui exécutent les basses oeuvres n'ont pas une réflexion profonde. Au contraire, certains rechigneraient même à ôter la vie d'un être humain pour de l'argente. Cependant, pour un indien, c'est différent. 

Ici, Scorsese reste sobre (hormis dans le show radiophonique de la fin où chaque effet sonore est montré précisément). La composition des plans demeure soignée. Les mouvement de caméra sont toujours pertinents. La photographie enfin demeure sobre, avec des couleurs assez neutres. Mais la prouesse du montage est de faire passer les 3h30 de film assez naturellement, sans que l'on puisse déceler de réelles longueurs.

Killers of the Flower Moon est un film qui raconte une histoire inédite au cinéma, présentée d'un point de vue inédit. Et la nouveauté, ça a beaucoup de bon, surtout sur grand écran.

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article