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Publié par andika

Il y a bien longtemps que nous avions en projet de nous rendre à un concert de la saison "Les Nuits Oxygène" ! Surtout après notre rencontre avec Pierre-Yves Lascar. Un heureux alignement des planètes nous a permis de nous rendre au Temple Saint Marcel afin de découvrir la jeune pianiste russe Anastasia Vorotnaya le mercredi 29 mai 2019.

Anastasia Vorotnaya à l'issue de son récital le 29 mai 2019 au temple Saint Marcel

Anastasia Vorotnaya à l'issue de son récital le 29 mai 2019 au temple Saint Marcel

Anastasia Vorotnaya est née en 1995 en Russie, elle est partie étudier à Madrid depuis 2012 avec Dimitri Bashkirov avant d'aller poursuivre son apprentissage aux États-Unis prochainement. Et pourtant, elle est venue à Paris avec dans ses bagages des partitions de compositeurs qui nous sont très familiers en France. Tout d'abord les 24 préludes, op 28 de Chopin, qui bien que polonais, peut être assimilé à un français (son père était lorrain par exemple et il a longtemps vécu à Paris, sa tombe est au père Lachaise). En revanche, pas de débat pour César Franck (même si il est en réalité franco-belge). C'était l'opportunité d'entendre son Prélude, Choral et Fugue. Enfin, pour conclure, Maurice Ravel avec ses Jeux d'eau et sa merveilleuse petite Sonatine.

Les Préludes de Chopin, ce sont 24 petites pièces qui alternent les ambiances, les rythmes, les tonalités, les registres. Ils requièrent de la technique et de la sensibilité. Tout ce que possède cette jeune pianiste qui, dès les premières notes, prend la mesure de l'acoustique de la salle. Elle peut s'avérer généreuse cette acoustique mais il faut la dompter. L'instrument, un Steinway, elle le dompte également. Toute la polyphonie de ces pièces ressort de son jeu, avec un sens de l'articulation et du phrasé assez saisissant. Une main gauche stable, puissante et enfin, un réel sens du rythme. Mais bien que la construction soit soigneusement pesée et pensée, cela n'empêche en rien la sensibilité de la pianiste de s'exprimer, avec de nombreux moments de grande émotion. Comme par exemple lors de ce 4ème prélude, Largo, en mi mineur. Et quelle clarté dans les arpèges descendantes du 10ème prélude en do dièse mineur. La conclusion, pleine de tension et de rage dans le dernier prélude, Allegro appassionato termine de nous convaincre.

Dans la pièce de Franck, l'ambiance change du tout au tout. Les trois parties s'enchainent sans interruption dans une frénésie de technique avec des mains qui se croisent et e recroisent. La façon qu'a la pianiste de toujours revivifier le thème, qui se transforme sans cesse, est un pur plaisir.

Enfin, dans Ravel, Anastasia Vorotnaya sait se montrer virtuose, avec un sens du rythme fascinant dans la Sonatine, alors qu'elle fait entendre toute sa délicatesse et la légèreté de son toucher dans les Jeux d'eau.

Bel hommage au répertoire français. Une belle pianiste à suivre impérativement. Et oui, Les Nuits Oxygène font sortir des sentiers battus et aèrent la saison musicale du mélomane. Foncez-y !

Les Nuits Oxygène, concert du 29 mai 2019
Frédéric Chopin (1810-1849) 24 préludes, op 28
César Franck (1822-1890) Prélude, Choral et Fugue, FWV 21
Maurice Ravel (1875-1937)

Jeux d'eau, M 30

Sonatine, M 40

Anastasia Vorotnaya Piano
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