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Publié par andika

Après la rentrée des classes qui a occupé l'actualité en ce début du mois de Septembre, voici maintenant la rentrée des orchestres. Ainsi, nous étions heureux de retrouver l'Orchestre National de France à la Maison de la Radio ce jeudi 13 septembre 2018, pour son concert inaugural de la saison 2018/2019. Dirigé pour l'occasion par son chef attitré, Emmanuel Krivine. Le programme proposait trois œuvres qui auraient pu être données il y a un siècle mais, il n'en était pas moins intéressant. En effet, grand plaisir de retrouver la Symphonie n°4 de Brahms pour ce début d'intégral, après avoir entendu l'ouverture du Roi d'Ys d'Edouard Lalo  et le Concerto pour piano n° 5 de Camille Saint-Saëns, interprété par Bertrand Chamayou.

Lalo est un compositeur français contemporain de Gounod, il est l'auteur de trois opéras. Le Roi d'Ys met en scène deux sœurs éprises du même homme. Il est à supposé qu'avant l'irruption de cet objet commun de passion, la quiétude semblait régner entre les deux frangines car c'est ce que l'on entend dans le début de l'ouverture, très tranquille, avec un tempo Andante. Les cordes du national sont ici fidèles à leur réputation, très liées, soyeuses, douces, la petite harmonie est charmante, notamment le hautbois solo. Mais la discorde n'est pas loin, l'Allegro tonitruant suit avec force effets, notamment dans des fortissimos impressionnants, tout cela jusqu'à un final dantesque voire violent. Que la quiétude est loin dans cette entrée en matière qui était pourtant initialement très confortable. Le chef soigne ses effets et a le sens du spectacle pour cette rentrée, afin d'emporter son auditoire.

Changement d'ambiance avec le concerto pour piano n° 5 de Saint-Saëns dit égyptien car composé dans ce pays. Mais il est vrai que cette musique suinte l'orientalisme, notamment dans le deuxième mouvement noté Andante. Mais quel besoin de jouer à une telle vitesse ? Surtout dans les parties qui semblent devoir être plus lentes. Toutefois, on sent un vrai dialogue entre Bertrand Chamayou et l'orchestre, notamment lors d'un merveilleux duo entre Sarah Nemtanu la première violon, et le soliste dans le deuxième mouvement. On savoure également toute la virtuosité du pianiste dans le troisième mouvement ,avec un jeu tout en rebond, souplesse. Le piano se fait percussion, l'orchestre suit. Une interprétation de très belle facture. Et le clair de Lune de Debussy en bis ne vient rien gâcher ! Quel plaisir de retrouver un tel pianiste.

Enfin, la Symphonie n°4 de Brahms en mi mineur. La forme ici regarde une fois de plus vers le passé et la symphonie classique mais on est toutefois dans une veine très romantique. Composée en 1885 et créée la même année, elle dénote par rapport à ce qui se faisait déjà à cette époque, notamment par Bruckner, ou encore Mahler et Rott qui allaient suivre. Et pourtant, elle a beaucoup d'intérêt car elle va droit au cœur. Moelleuse, chaleureuse, rieuse, puis un peu triste, mais toujours touchante, elle porte bien son surnom de "symphonie d'automne" comme le dit si bien Claude Rostand. Le tempo est très allant dans l'allegro initial, les cordes sont toujours très douces, les basses sont en retrait, le chef arrondit le son, le rend confortable. Tout coule de source, les textures sont moelleuses, les bois sont onctueux, le contrepoint est assez fameux. Le II, noté Andante Moderato, exprime de la tristesse, de la douleur, entre cette petite harmonie très performante et ces cordes qui jouent en pizz. Le contraste est total avec le III, Allegro giocoso, très rapide, joyeux voire nerveux. Encore le sens du spectacle du chef qui soigne les effet, qui fait en sorte que le son du tutti soit impressionnant, prend grand soin de la pulsation et des équilibres entre les pupitres. Mais l'émotion n'est jamais loin. Enfin le final est déchirant, cette magnifique pasacaille fait pleurer l'orchestre, les solos s'enchainent (sacré hautbois et flûte), et il est déjà temps d'en finir bouleversé par se final qui ne lambine pas. Une très belle reprise pour une très belle saison. On en redemande !

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