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Publié par andika

Vendredi 18 janvier 2019 s'est tenu au studio 104 de la maison de la radio un concert de musique de chambre. Il s'agissait une fois de plus de ces fameux rendez-vous de midi trente avec les musiciens de l'Orchestre national de France. Le programme de ce concert était en lien avec celui de la veille qui avait comportait la Symphonie n°1 de Rachmaninov et la Symphonie n°6 de Chostakovitch

En effet, les musiciens du national avaient décidé de rester en Russie (musicalement parlant), avec le Trio pour clarinette, violon et piano d'Aram Khatchaturian, compositeur arménien mais formé en Russie. Ensuite avec le fameux Quatuor à cordes no 8 en ut mineur, opus 110 de Dmitri Chostakovitch et enfin, l'Ouverture sur des thèmes juifs, opus 34 de Serge Prokofiev.

Le trio de Khatchaturian représente bien son désire de mêler le folklore arménien et la musique savante afin d'aboutir à « une musique simplement belle, ouverte, épanouie, heureuse de vivre », en citant ses propres termes. Le premier mouvement, Andante est lent, doux, calme, la clarinette de Jessica Bessac brille tandis que le piano de Franz Michel et le violon de Ji-Hwan Park Song sont un peu en retrait. Le folklore arrive quant à lui au deuxième mouvement Allegro qui est très rythmique et dansant pour finir dans la féérie avec beaucoup de chant successivement à la clarinette, aux piano et violon dans le Moderato final. 

Après cette oeuvre introductrice, une autre qui à elle seule valait le déplacement. Le huitième quatuor de Chostakovitch est un monument du répertoire. Composé dans les larmes du compositeur, il rendait hommage aux victime de la guerre, mais il disait aussi dans sa correspondance qu'il se dédiait cette oeuvre à lui même. Beaucoup de violence, de tragédie et de pathos. Cette partition se signale également par l'apparition du thème DSCH qui représente le nom de Chostakovitch. Les musiciens commencent directement sans prendre le temps de s'accorder, avec la fameuse signature musicale de Chostakovitch. L'ensemble est très bien construit dans le Largo initial. Le violoncelle d'Alexandre Giordan se signale par un très beau son. L'Allegro molto en II est moins violent qu'attendu. Le tempo est un peu lent mais l'ensemble ne manque pas d'intensité. Au contraire, ce parti pris requiert davantage d'attention de l'auditeur. Ces noires répétées ne piquent pas mais n'en sont pas moins obsédantes. Puis une rupture et un petit motif rappelant le Concerto pour violoncelle n°1 de Chostakovitch nous font plonger dans l'Allegretto. Ici, l'alto d'Allan Swieton fait merveille avec ce thème du concerto. Mais le meilleur est pour la fin, avec les deux derniers mouvement lent, chacun noté Largo. Ici, la première violon première violon, Rieho Yu prend la main. Elle guide l'ensemble d'une main de maître, en gérant les nuances avec délicatesse, et on plane vraiment. Ici, on ressent toute la tristesse du compositeur dans ces notes qui s'étirent, ces phrases descendantes, ce tempo lent. L'ensemble finit dans la lamentation, le drame, le silence. Un grand moment, malgré le téléphone qui sonne et la porte qui claque.

Comment écouter encore de la musique après cela ? Il fallait bien le génie de Prokofiev pour nous faire revenir avec son Ouverture. Le thème ici est constamment chanté à la clarinette qui a le beau rôle alors que tous les musiciens précédemment entendus sont sur scène. L'ensemble est très folklorique tout en étant savant. Une bien belle manière de clôturer ce concert après être passé par toute une gamme d'émotions.

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