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Publié par andika

Depuis Janvier 2018, Mikko Franck, directeur musical de l'Orchestre philharmonique de Radio France, a instauré une tradition à la maison ronde. Cette tradition consiste en ce que la 9ème symphonie de Beethoven soit jouée à l'auditorium chaque premier week-end de janvier, avec un chef différent à chaque fois. Il avait lui-même pris la baguette l'année dernière, pour cette seconde édition des 5 et 6 janvier 2019, il a laissé la place au chef polonais Marek Janowski qui est aussi son lointain prédécesseur à la tête du philhar'. Il était accompagné dans cette entreprise du choeur de Radio France, de la soprano Regine Hangler, de la mezzo Tanja Ariane Baumgartner, du ténor Robert Dean Smith et enfin du baryton Ludovic Tézier.

La Neuvième symphonie de Beethoven est un monument de la musique connu à peu près de tout le monde, et l'entendre au moins une fois en concert est une chose à faire. Oeuvre monumentale composée de 1822 à 1824, avec un effectif orchestral impressionnant, elle est surtout la première symphonie à faire intervenir un choeur dans son final. Chose qui sera souvent imitée par la suite. Le choeur chantant la fameuse Ode à la joie de Friedrich Schiller. Chant de paix et de fraternité, résolument positif. La Neuvième est aussi une récapitulation : héroïque comme la Troisième Symphonie, pastorale (dans son deuxième mouvement) comme la Sixième, elle s’élève comme la Cinquième d’une tonalité mineure à une tonalité majeure pour figurer l’ascension vers la lumière.

Il s'agit donc d'un programme dense. Le premier mouvement commence par un climat d'incertitude, avec ces deux notes (la-mi) qui se répètent sans cesse. Economie de moyens dans l'écriture mais aussi dans l'interprétation, beaucoup de légèreté aux cordes, les cuivres ne sont pas si nombreux de sorte qu'ils n'alourdissent pas inutilement le son. Le geste du chef est rigoureux, avec une main droite très alerte. Beaucoup de couleurs au bois, et une intensité qui ne cesse de grimper.

Cela tombe bien pour le deuxième mouvement noté Molto vivace -Presto. Résumé en peu de mots, on peut simplement dire que Marek Janowski sait construire un crescendo. Enormément d'énergie de la part du chef, on le voit même pointer directement le timbalier solo pour avoir plus d'intensité. Et le thème du scherzo revient  à chaque fois joué plus fort, remarquable construction. 

Les choses se calment dans le III qui est pastorale et qui vaut vraiment le coup d'être écouté dans la salle. Le temps est suspendu, les cordes chantent, et des ensembles assez hétéroclites dialoguent comme par exemple la clarinette, le basson, le cor et la flûte tandis que les cordes jouent en pizz. 

Enfin, le grand final avec la fameuse ode à la joie. Que dire de ce thème joué au début par les contrebasses, puis les violoncelles puis les altos. De ce choeur majestueux qui rend honneur à un si beau texte Über Sternen muss er wohnen (c'est sur les étoiles qu'il doit habiter). Seid umschlungen, Millionen ! (Soyez enlacées, millions). Les solistes n'étaient pas non plus en reste, même placés derrière l'orchestre. Avec un Ludovic Tézier au beau timbre de baryton assurant sa partie avec conviction. 

Interprétation très convaincante du chef d'oeuvre de Beethoven, par le philhar dirigé par Marek Janowski. On sent que le chef n'a pas cédé à la tentation du "gros" son, et des effets qui n'auraient cherché qu'à impressionner la galerie. Au contraire, il en est ressorti ce qu'il peu y avoir de plus intime dans cette musique et surtout les bons sentiments d'amour et de fraternité énoncés par le texte de Schiller. Rien de tel qu'un beau message d'optimise et de fraternité entre les hommes pour commencer l'année sur un bon pied. 

 

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