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Publié par andika

Je ne m'attendais plus à voir Clint Eastwood jouer la comédie depuis Gran Torino. Surtout qu'il avait plus ou moins laissé entendre que c'était là son dernier rôle, et de surcroit, c'était une très belle manière de quitter la scène. Finalement, il n'a pas pu résister à faire son retour devant la caméra pour notre plus grand bien.

L'histoire est simple, on suit les aventures de Earl, un vieil horticulteur pour qui les affaires ne vont pas très bien après avoir dédié sa vie à son boulot. Au détriment de sa famille. Le genre d'homme à préférer les mondanités que d'assister au mariage de sa fille. Ce qui nous frappe rapidement, c'est la composition de Clint Eastwood pour ce rôle. On est à mille lieues de l'inspecteur Harry, dans l'intonation de la voix, dans la posture. On voit constamment un vieil homme souriant, fêtard, léger et immensément drôle. A l'opposée de l'image qu'on pouvait se faire du comédien.

Et le contrepied est un des thèmes du film. Il est issu d'une histoire tirée de faits réel parue dans le New York Times, à savoir celle d'un nonagénaire faisant la mule pour un cartel mexicain ! A l'époque des Narcos et Breaking Bad, il était tentant d'en faire un film, et tentant pour Clint d'endosser le rôle !

Mais à travers son propos sur le trafic de drogue, Clint Eastwood nous en dit beaucoup sur les Etats-Unis en étant pas un seul instant politiquement correct. Il est vrai qu'une fois le grand âge atteint, on ne craint plus grande chose et on peut dire tout ce qui nous passe par la tête. Ainsi, on verra Clint Eastwood reluquer franchement des fesses, les filmer en gros plans. On le verra aussi danser avec de très jeunes femmes, continuellement. En gros, il se lâche, allant même jusqu'à montrer des femmes à moitié nues. 

Il détaille aussi avec humour l'enquête de la DEA qui patine. Mené par l'excellent Bradley Cooper, on voit les agents fédéraux s'empêtrer dans leur préjugés de ce que à quoi peut ressembler un trafiquant de drogue. Car oui, aux USA, un nonagénaire blanc et à peu près une personne insoupçonnable. Ainsi, les séances d'arrestation des "suspects" deviennent des séquences assez humoristiques et dénoncent certaines pratiques de la police aux USA. 

Autre dénonciation, le politiquement correct et l'écart générationnel. Combien de voit n'entend-on Clint pester contre ces jeunes qui passent leur vie devant leur écran. Et quel drôlerie de la voir avoir des problèmes à utiliser un téléphone. Au niveau du politiquement correct, certains mots employés sont faits pour heurter à dessein. Et c'est drolatique car en dehors du mot utilisé, la situation de la scène est toujours positive et consensuelle. Alors on se demande, quel est le problème, un mot vient-il assombrir tous les actes qui vont à l'encontre ? Ce film tend à démontrer le contraire. 

La Mule, c'est une très belle réalisation, su superbes acteurs, notamment Andy Garcia en baron de la drogue, et Laurence Fishburne en agent fédéral sans oublier Alison Eastwood qui fit plus vraie que nature en fille de Clint dans le film. Un film qui fait rire, qui fait réfléchir, qui nous sort des sentiers battus. Clint Eastwood est encore là et ça fait beaucoup de bien. Parce qu'à son âge, ce n'est pas forcément gagné.

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