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Publié par andika

A l'occasion de la Journée Internationale des Droits des Femmes, la Mairie du 5ème arrondissement accueillait un concert de musique classique mettant à l'honneur la jeune compositrice (violoniste et pianiste) française Elise Bertrand, ainsi que Les Déconcertants. Saluons ici cette belle initiative de la maire du Vème, Florence Berthout. Le programme était divisé en deux parties. La première était constituée d'oeuvres de musique de chambre, dont deux créations, composées par Elise Bertrand. La seconde partie était consacrée à Serge Prokofiev, et il s'agissait de musique orchestrale.

Photo issue de la page facebook des Déconcertants

Photo issue de la page facebook des Déconcertants

Il est toujours intéressant d'écouter ce qui se crée aujourd'hui, pour plusieurs raisons. Tout d'abord parce qu'il est important que la création continue de vivre. Mais aussi car la musique de notre temps est fondamentalement vivante.  Cela ne se dément pas avec la musique d'Elise Bertrand. Tout d'abord avec ses Impressions liturgiques pour flûte et piano. Le titre indique de la musique sacrée, et pourtant, il n'y a aucune pesanteur. Quatre mouvements qui alternent les climats, un Introït charmant, puis un Lux Aeterna où la flûte d'Iris Daverio joue dans un registre aigu, mais malgré cela, une certaine sobriété ressort de ce passage. Puis un Supplicatio vivace, pour terminer enfin avec In Paradisium, doux et lent.  Après cette entrée en matière, un ecréation destinée au piccolo seul. Il s'agissait de la Sonatine pour flûte piccolo. Il est étrange d'entendre une oeuvre pour cet instrument en solo, et pourtant, cela permet de découvrir un registre plus étendu qu'on ne pouvait l'imaginer. Javier Rodriguez le soliste, est tour à tour étonnamment solennel et lunaire dans l'Adagio et l'Intermezzo. Mais cela alterne avec des passages virtuoses, espiègles et mélodiques dans l'Allegro du 1er mouvement, le Largo et enfin le Rondo final. Au tour d'Elise Bertrand de jouer en solo dans son Quasi Variazioni pour piano qui fonctionne très bien en concert, et empli la salle d'une certaine grâce. Et comme on dit souvent, on a gardé le meilleur pour la fin avec la Sonate pour violon et violoncelle où Elise Bertrand au violon dialogue avec Romane Bestautte au violoncelle. Un alliage d'instruments étrange à première vue mais qui fonctionne divinement bien. Beaucoup d'intensité, un son ample au violon. Un côté dansant tout bonnement irrésistible avant une coda endiablée dans l'Allegro du final. Une très belle pièce.

Après l'entracte, place à de la musique orchestrale. Avec tout d'abord en Cendrillon de Prokofiev de toute beauté. Une approche très lyrique de Pierre-Alexis Touzeau, du cantabile aux violons et aux cordes en général. Les passages connus tels que la Valse de  Cendrillon et du Prince, et Amoroso trouvent tout leur charme avec l'Orchestre des Déconcertants. La Valse lente de son côté sonne bien décadente au niveau de ses harmonies qui fleurent bon la Russie mais elle n'en est pas pour autant dénuée de charme. La Gavotte de son côté est dynamique, et l'alliance des timbres est gérée de façon superbe par le chef. Le ballet de Cendrillon recèle de trésors et c'est toujours une bonne idée d'en programmer la musique lors d'un concert. Après cela, en conclusion, le Concerto pour violon n°1 de Prokofiev, avec non pas une mais trois violonistes qui devaient se succéder à chaque mouvement. Verena Chen dans le premier mouvement noté Andantino montre un très beau son, avec du chant, de la douceur et beaucoup d'engagement. Puis le relai est pris par Irène Duval dans le II, Scherzo - vivacissimo. Un coup d'archet très assuré, un petit côté joueur et espiègle qui cadre bien avec le ton de ce mouvement avec ces incessantes montées de double croches dans le premier thème. Enfin, la conclusion revenait à Anna Göckel dans le Moderato final. Passage très mélodieux où le vibrato et la qualité de chant de la soliste faisaient merveille. Expérience étonnante et à la fois très excitante que d'alterner trois solistes dans une oeuvre concertante.

Un 8 mars placé sous le signe de la jeunesse de tous ces interprètes et de toutes ces femmes qui sont venues ce soir communiquer leur passion commune. Par belle également à la création de la jeune Elise Bertrand dans le cadre somptueux de la salle des mariages de la marie du Vème.

PROGRAMME

Elise Bertrand

Impressions liturgiques pour flûte et piano, opus 2 (Iris Daverio, Elise Bertrand)

Sonatine pour flûte piccolo, opus 6 (création mondiale) (Javier Rodriguez, Elise Bertrand)

Quasi Variazioni pour piano, opus 7 (Elise Bertrand)

Sonate pour violon et violoncelle, opus 8 (création mondiale) (Elise Bertrand, Romane Bestautte)

Serge Prokofiev

Extraits de Cendrillon

Concerto pour violon n°1

Pierre-Alexis Touzeau direction

Verena Chen violon

Irène Duval violon

Anna Göckel violon

Orchestre Les Déconcertants

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