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Publié par andika

Qu’il peut paraitre saugrenu, en 2020, de voir une pièce de théâtre qui s’intitule Bonne Année ! Sachant que de base, lorsque nous nous souhaitons nos vœux, chaque 1er janvier, nous n’avons aucune garantie sur ce qu’ils adviendront. Mais en 2020, cette logique a été poussée plus loin.

Donc oui, le 1er janvier, c’est la fête, c’est la joie, ce sont les sourires, et pourtant, au fond, cela n’efface en rien les problèmes, bien au contraire, lorsqu’en son for intérieur, on est en totale opposition avec cette ambiance. Et c’est exactement l’état d’esprit de Didou Mignot sur la scène du théâtre pixel dans le 18ème arrondissement de Paris, dans une mise en scène d’Elric Thomas.

Le thème céleste

« Faites que cette année ressemble à quelque chose... » Voici une phrase anodine prononcée par notre protagoniste mais qui a tellement plus de sens que ce que l’on peut lui prêter spontanément. D’une part, parce qu’elle la prononce déguisée en licorne. Ces créatures célestes qui galopent sur les arcs-en-ciel, synonymes de beauté. On sait qu’elles n’existent pas mais on veut quand même y croire. Et le bon Dieu lui-même peut correspondre aussi à cette description. Ainsi, cette phrase devient une véritable prière lorsque que Dieu, justement, daigne y répondre. En voix-off (celle du metteur en scène, Elric Thomas). Ce thème assez sérieux et profond, en opposition avec le costume enfantin de la comédienne, permet immédiatement d’entrer dans un dialogue passionnant, et une sorte d’analyse spirituelle, faite d’introspection.

Une touchante introspection

Il s’agit ici du point fort de la pièce, celui de l’introspection de Didou Mignot, qui permettra à coup sur de faire entrer le spectateur en empathie avec elle, grâce au verbe qui véhicule tant. Dans une mise en scène épurée, qui utilise bien l’espace, on la trouvera tour à tour drôle, apeurée, énervée, frustrée, joyeuse, triste. On passe en revue son existence, ses choix, et surtout les mauvais. Et en même temps qu’elle se révèle à elle-même, le spectateur découvre le personnage, dans une démarche analytique assez passionnante. Ainsi, comment ne pas penser constamment à ce verset de la Bible « Viens et vois » (Jean 1 :46). Car oui, dans cette introspection, il s’agit d’aller voir, d’ouvrir les yeux. Sur les mauvais choix, sur les craintes légitimes, sur les peurs, mais aussi sur les bagages superflus. A savoir les complexes, l’envie de se conformer à un modèle de société qui peut paraitre suranné pour finalement être en mesure de s’accepter et de s’aimer. A ce titre, saluons la belle voix de Didou Mignot qui pousse la chansonnette pour notre plus grand plaisir. Et même si l'autodérision est souvent là, la profondeur et la spiritualité du texte ne sont jamais bien loin.

Dans la vie, il n’y a pas de hasard…

Il n’y a que des rendez-vous. Des rendez-vous que l’on prend. Des choses que l’on décide de faire. Des moments où on décide d’agir afin d’obtenir ce que l’on veut. Aristote ne disait pas autre chose dans l’Éthique à Nicomaque lorsqu’il estimait que le chemin de bonheur résidait dans la prise d’initiative de chacun, ses actions. Alors un bon choix à faire serait par exemple d’aller voir Didou Mignot afin de partager une heure avec elle. Afin de rire un peu certes, mais avec beaucoup de spiritualité.

Bonne Année !

de Didou Mignot , mis en scène par Elric Thomas
 

Théâtre Pixel, Paris

Tous les jeudis à 21h30

Du jeudi 8 octobre 2020
Du jeudi 26 novembre 2020

 

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