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Publié par andika

La Haine de Mathieu Kassovitz a acquis le statut de film culte 25 années après sa sortie. Raison pour laquelle une reprise en salle est en cours en cet été 2020. La projection étant précédée d'un message du réalisateur à l'adresse du spectateur venu voir ce (vieux) film sur grand écran, si longtemps après sa sortie initiale.

La Haine parle de la banlieue et des personnes qui y habitent et 25 ans après, on est peiné de voir que les choses ont si peu changé, si ce n'est en pire.  Nous suivons les aventures de Vinz, Hubert et Saïd, le lendemain d'émeutes qui ont éclaté dans le quartier suite à une intervention policière. Cette dernière ayant laissé un jeune du quartier fort mal en point.

Les comédiens sont d'une grande spontanéité et d'un grand naturel. L'ambiance est très naturaliste, et la caméra proche de l'action. Pourtant, tout dans la mise en scène nous rappelle qu'il s'agit de cinéma, et d'une fiction. Le noir et blanc froid d'une part, qui rend ce cadre urbain tellement neutre et presque artificiel. Mais surtout les mouvements fluides de la caméra de Kassovitz, qui ne se prive d'aucun traveling pour assoir son ambition de mise en scène. Ainsi, l'authenticité des protagonistes n'a d'égale que la virtuosité de la réalisation.

Le film se distingue également par son ton assez léger malgré la lourdeur du contexte. De nombreux épisodes comiques jalonnent le récit, comme lorsque nos trois acolytes débarquent à Paris, tout d'abord pour aller voir un ami surnommé Astérix, puis, au gré de hasards, se retrouvent au milieu d'un vernissage. Le choc des cultures faisant alors des étincelles. L'incompréhension entre la banlieue et le Paris bobo étant malheureusement fondé sur des malentendus, comme le montre si bien cette scène.

Enfin, la violence de ce monde est sous-jacente, constamment. Le personnage de Vinz (énorme Vincent Cassel) étant mu par une immense colère. Et pourtant, l'espoir d'une amélioration n'est jamais loin, tant il y a une abîme entre le discours et les actes. Malheureusement, dans ce monde, un accident est si vite arrivé lorsque les gens sont inconscients. Lorsque la police oublie d'être républicaine. Mais malgré cela, on retient quelque chose de très positif dans ce film, comme par exemple la sincère amitié entre le juif Vinz et l'arabe Saïd.

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