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Publié par andika

En cet été 2020, l'épidémie de la Covid-19 n'a pas encore empêché toute tentative de spectacle vivant. C'est ainsi que se déroule en moment, à Thomery, la première édition festival Rosa Bonheur, qui a pour objectif de mettre en avant les compositrices. En effet, même dans le monde pré Covid-19, ces dernières étaient à peine plus programmées que maintenant ! La compositrice à l'honneur de ce concert du 28 août 2020 était la française Clémence de Grandval, dont peu de spectateurs avaient entendu parler avant le propos introductif de la violoncelliste, Heloïse Luzatti. Nous avions eu l'occasion de nous familiariser un peu avec la compositrice en lisant l’inévitable CSS, évoquant sa musique de chambre comme étant: "bien écrite." Et c'est effectivement ce que nous avons pu constater avec la complicité d'Alexandre Pascal au violon, Héloïse Luzatti au violoncelle et enfin, Laurianne Corneille au piano pour un sacré trio.

© Frantz Vaillant

© Frantz Vaillant

La première œuvre entendue est Andante et Intermezzo. Une façon assez tranquille d'entrer dans cette musique nouvelle aux belles harmonies. Le vibrato élégant d'Alexandre Pascal séduit déjà dans avant que l'intensité n'augmente et que la musique ne devienne vraiment haletante. L'Intermezzo rappelant étrangement des réminiscences de Schumann et de ses 3 romances pour piano et hautbois.

Et il s'agit bien de romance dans l’œuvre suivante au programme. Une romance qui obtient un caractère particulier grâce à l'usage de la pédale au piano de Laurraine Corneille. Puis beaucoup de panache dans le Gavotte. Des attaques franches, un staccato plaisant, des pizzicato piquants au violon et au violoncelle d'Heloïse Luzzati.

Le trio devient alors duo le temps de 3 pièces pour violoncelle et piano. La première pièce est admirable, dans la gestion des nuances de part et d'autre. La deuxième marque immédiatement par son rythme de sicilienne caractéristique. On apprécie ici la clarté du piano et surtout, ces rythmes savoureux qui donneraient presque envie de danser. La troisième pièce passe à la valse quant à elle, et on y sent une vraie complicité entre les deux musiciennes, notamment dans leur façon de dialoguer avec leurs instruments respectifs.

Cette fois-ci, encore un duo pour Musette, mais avec le piano et le violon. Un beau jeu de question réponse. Beaucoup de délicatesse et de musicalité dans le son d'Alexandre Pascal, et encore une fois de belles attaques au piano avec un thème très dansant basé sur trois notes.

Enfin, pour conclure, le Grand trio aux dimensions gigantesques qui ne laisse que peu de répit aux musiciens. La pianiste est ainsi constamment sollicitée. Dans l'Allegro introductif, elle dévoile la richesse de ces pages grâce à la clarté de son phrasé dans des arpèges redoutables qui montent haut dans les aigus. Le Scherzo est empli d'humour là où le Tempo di menueto est ralenti à dessein, et instaure un peu de mélancolie. Le Final est quant à lui majestueux, avec un piano encore en avant, notamment dans le thèmes aux trilles redoutables.

Plaisir de la découverte, de la bonne musique et d'artistes engagés. Une démarche à saluer car assimiler toute ces partitions n'est pas une entreprise aisée, surtout lorsque par définition, on en n'est pas familier, car Clémence de Grandval est une compositrice peu jouée et peu enregistrée. Et pourtant, elle suscitait l’admiration de Berlioz, Saint-Saëns et tant d'autre. Le temps d'une soirée, elle a été tout sauf oubliée, grâce à trois fantastiques musiciens.

CLÉMENCE DE GRANDVAL, LA GRANDE OUBLIÉE

Alexandre Pascal, violon

Héloïse Luzzati, violoncelle

Laurianne Corneille, piano

 

Clemence de Grandval,

Andante et Intermezzo, pour violon, violoncelle et piano (1890)
Romance et Gavotte pour violon, violoncelle et piano (1884)

3 pièces pour violoncelle et piano (1882)

Musette pour violon et piano

2ème grand Trio (1853)

 

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