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Publié par andika

Pendant cette période de confinement, il est parfois difficile de trouver de quoi s'occuper. A fortiori, il m'est difficile d'alimenter le blog d'autant plus que la majeure partie des choses que j'écris ici, sont liées à mes sorties culturelles. Et vous aurez deviné que depuis un mois et demi, il n'y a plus de sortie culturelle. Donc plus de concert, plus de théâtre, plus de cinéma, plus de musées...

Toutefois, à la maison, je peux écouter des disques, lire des livres, et regarder des films ! Ce blog était destiné au cinéma à la base et en ce moment, il reprend cette vocation première. Surtout que en dehors de Netflix, il y a des possibilités de voir des très bons films, et gratuitement pour ne rien gâcher. Le site de Arte propose d'ailleurs une très belle sélection.

J'ai profité de cette période de confinement afin de voir des films que j'avais manqués au cinéma ou de voir des films plus anciens pour ma culture personnelle. Je vais donc vous livrer mes impressions, de façon informelle, un peu en mode journal. Et pour ne pas faire un article trop long, mon parcours cinématographique du confinement se déclinera en plusieurs parties, avec trois films par partie.

Conte de printemps (1990) de Eric Rohmer

Conte de Printemps, c'est la poésie qu'on essaye de soumettre à la rationalité. Mais la poésie reste libre finalement tant les émotions prennent le dessus. Une magnifique Florence Darel en petite peste. Une Anne Teyssèdre extraordinaire dans ce qu'elle donne. La philosophie accouche de la pensée mais est bien désarmée face au trouble qui s'insinue.
Et puis, ce conte de printemps, entre ce Paris bouillonnant et ce Fontainebleau plein de couleurs, en période de confinement, ça m'a rendu très nostalgique, sensible. Excellent Rohmer.

Chinatown (1974) de Roman Polanski

Vu Chinatown de Polanski. Film traditionnel qui embrasse à fond le genre du polar. Grand suspens, réalisation splendide mais on voit moins la patte de l'auteur. Encore que, il y a une révélation très malsaine. L'usage du hors champ est encore génial.
Mais je n'ai pas trouvé ça immense, en dépit de la réputation du film. J'ai eu du mal à vraiment entrer dedans. Peut-être à cause de la VF. Sinon, la fin de The Ghost Writer doit beaucoup à Chinatown. Il s'autocite mais avec subtilité.
Ça me fait très bizarre de voir Jack Nicholson dans un rôle normal. Je l'ai toujours vu jouer des tarés au cinéma. Moi, dans ma jeunesse, je ne l'ai jamais vu dans ce genre de rôle quand un de ses films sortait en salle.

Le Pianiste (2002) de Roman Polanski

Enfin vu Le Pianiste de Polanski. C’est un film dont j’avais évidemment entendu parler à sa sortie. Palme d’or, Oscar du meilleur réalisateur et du meilleur acteur, mais toutefois, je ne l’avais jamais vu en entier. J’étais seulement tombé sur la fin à la télévision, il y a bien longtemps. Notamment cette scène où le héros interprète la 1ère Ballade de Chopin après des années de survie à Varsovie, sans toucher le moindre piano. En plus d’une perfection technique dans la façon de cadrer, la photographie, les costumes, on a également toute la froideur de la violence. Une glaçante banalité, ici un homme en fauteuil roulant qu’on jette par le fenêtre car incapable de se lever, là, un plan avec des suppliciés au sol qui ferait un tableau parfait si l’image en question n’était pas horrible. Cet homme affamé qui vole la casserole d’une pauvre dame, qui résiste. Mais, de guerre lasse, laisse tomber son butin qui se répand sur le sol. Et là, le voleur tout heureux de lécher la mixture à même le sol tant la faim s’est emparée de son esprit. Et nous qui nous promenons aujourd’hui sans prêter un regard aux sans abris, Polanski nous montre les cadavres qui jonchent le sol de Varsovie et les personnes qui les enjambent dans cet affreux ghetto. Un film incroyablement puissant qui ne m’a fait pleureur paradoxalement que lorsque le pianiste joue la 1ère Ballade de Chopin justement, devant un officier allemand. L’émotion vient du fait que, par cette scène, l’humanité reprend ses droits. La culture est un préalable nécessaire à l’humanité, mais il n’est pas suffisant. Il faut aussi de l’échange. Grand film. Nous vivons actuellement une épreuve qui nous marquera profondément, essayons aussi d’en tirer le meilleur de nous-mêmes.

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