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Publié par andika

En cette semaine sainte qui nous mènes vers les fêtes de Pâques, il existe quelques incontournables de la musique sacrée. A savoir les fameuses Passions de Bach. Laurence Equilbey et l'Insula Orchestra, ont opté pour la Passion selon Saint Jean en ce mercredi 17 avril 2019 à la Seine musicale. Pour la partie vocale, non pas un mais deux chœurs étaient sollicités pour cette version un peu particulière, à savoir accentus et le jeune chœur de paris. A l'un l'action, à l'autre le commentaire.

Dans ce contexte de semaine sainte, peu de temps après l'incendie qui a frappé la cathédrale Notre Dame de Paris, il est bon d'entendre cette musique spirituelle qui revient sur l'épisode de la passion du Christ avec une grande dramaturgie. Le texte des Évangiles, pioché en grande partie dans l'évangile de Jean mais aussi quelques extraits de celui de Matthieu, raconte déjà un drame. Drame renforcé par les jeux de lumières ici qui parfois plongent la scène complètement dans l'obscurité, notamment lors de la mort de Jésus. Au contraire, dans certains passages intenses, les projecteurs envoyaient des couleurs vives. De plus, la scénographie n'était pas délaissée. Les différents protagonistes devants circuler de part et d'autre de la scène. Des déplacements modestes et sobres, mais tout de même important pour la narration et la dramaturgie. Ainsi, l’Évangéliste chanté par le ténor Fabio Trümpy circulait de part et d'autre de la scène pour s'adresser à l'assistance, ou narrer au plus près les événements.

Composée en 1724, c'est la première œuvre aux grandes dimensions de Bach. Il inaugurait avec cette partition son mandat de "cantor de Leipzig". Il en existe plusieurs versions, puisqu'il avait remanié sa partition pour l'année 1725, puis deux autres fois. Redécouverte par Mendelssohn au 19ème siècle, cette passion dépasse maintenant le cadre des églises pour s'imposer au concert.

Les début majestueux avec le chœur et l'orchestre n'y est pas pour rien. Le fameux Herr, unser Herrscher. Ici, la sobriété de l'interprétation frappe, la division en deux du chœur dilue un peu le son, qu'on entend moins dense qu'on pourrait l'aimer. L'orchestre quant à lui a des sonorités définitivement baroques, l'Insula orchestra jouant sur des instruments anciens, ce répertoire est parfaitement adapté à cette formation. Mais si on peut douter de la cohésion des chœurs dans le début, il ne tarde pas de nous convaincre dans divers épisodes très intenses comme par exemple dans le choral Ach grosser König. Mais surtout, dans le Ruth wohl déchirant, criant de vérité, avec un fabuleux équilibre et des nuances merveilleuses. Un grand moment d'émotion. Prolongé lors d'un final lumineux et angélique sur les paroles Ach Herr, lass dein lieb Engelein.

On ne perd jamais de vu le drame, grâce à l'engagement de l’Évangéliste mais aussi l'implication de Thomas Dolié en Jésus. L'ensemble des soliste s'avérant être très solide, l'intensité ne baissant jamais, malgré les petites pauses et les jeux de lumières, on reste littéralement captivé et pendu aux lèvres des chanteurs. Enfin, la direction de Laurence Equilbey s'avère sobre et précise de bout en bout. Un geste énergique ne montrant aucun signe de faiblesse au cours de près de deux heures de cette passion passionnante, où entre ombre et lumière, un véritable drame s'est joué autour de la crucifixion du Christ. Le moment des larmes avant celui de la résurrection du dimanche !

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