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Publié par andika

Tout le monde connait le fameux proverbe qui énonce que l'argent ne fait pas le bonheur. Et bien ce film montre totalement l'inverse. De la manière la plus cynique possible. De la plus hypocrite aussi. Mais c'est drôle !

Après Le Déclin de l'empire Américain, et les fantastiques Invasions barbares en 2003, Denys Arcand conclut sa trilogie en abordant le thème de l'argent.

Le bon vent du Québec nous amène une fois de plus beaucoup d'humour et surtout ce français suranné chez nous mais vivace chez eux. On déplora parfois l'absence de sous-titre lors de certains dialogues où ça va très vite, ou bien même lorsque les expressions employées nous sont totalement étrangères !

On suit les aventures de Pierre-Paul, docteur en philosophie de son état et qui occupe un emploi de chauffeur livreur. Philosophe, il l'est clairement, tant il a une réflexion sur la vie. Pour lui, l'intelligence est un handicap. De plus, il ressent un responsabilité envers son prochain. Ne manque jamais une occasion de faire de la charité. Mais ses belles valeurs vacillent lorsqu'il s'agit de profiter d'un braquage qui tourne mal. Le tout est de savoir si la fortune qui lui tombe dessus va le changer ou non.

Ce film montre qu'on peut sembler rester fidèle à ses valeurs, ne pas être corrompu alors même qu'on a passé un pacte faustien. Oui, on nous parle de morale, de philosophie mais tout cela pèse bien peu face à l'acte fondateur qui est un vol, suivi de mensonges constants. Même si on fait le bien, la source de ce bien peut poser problème. C'est ici que le propos du film devient problématique car l'auteur semble glorifier un comportement qui n'est pas très éthique en le faisant passer pour éthique.

Toutefois, les personnages sont si bien écrits qu'on adhère à cette histoire et que bien entendu, on est du côté de Pierre-Paul, constamment. Ce film est jalonné de références philosophiques et littéraires, et cela rend certains dialogues jubilatoires. Ainsi, comment le philosophe pouvait-il résister à Aspasie, escort de luxe ? Plutôt que de sexe, pourquoi ne pas parler d'un dialogue de Platon dans ces conditions ? En plus de la littérature et de la philosophie, il y a également une véritable réflexion sur le monde, son économie et les modes de vies.

La réalisation présente un cadre très américain dans ce Québec francophone, notamment au travers d'une photographie assez froide et neutre. Il y aune belle manière de filmer les dialogues avec de simples champ, contrechamp. Enfin, les comédiens sont excellents dans chaque registre, que ce soit purement dans le dialogue, ou lorsqu'il faut aller vers le comique. L'intrigue policière un peu tordue est une source inépuisable de situations cocasses. Alexandre Landry en Pierre Paul est criant d'humanité, Marpier Morin en Aspasie est juste à croquer tant le développement de son personnage est intéressant. Rémy Girard  est excellent en conseiller financier est très malicieux et enfin, Pierre Currzy en avocat est extraordinaire de cynisme et de concupiscence. 

La Chute de l'empire américain est un film généreux en humour et en réflexion, il est juste dommage qu'il essaye de donner des leçons à coup de gros sabot, un peu plus de subtilité n'aurait pas été de trop.

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