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Publié par andika

En cette fin de mois de février 2019, j’ai effectué une petite escapade dans le Nord de la France afin de prendre un peu l’air. Et pour mes changer de mes sorties habituelles parisiennes faites surtout de concerts, j’ai été convié au théâtre de Douai. Bâti en 1785, dans un style à l’italienne, il a depuis chaque année offert une saison aux habitants de la ville !

Les comédiens à l'issue de la représentation, qui était la 200ème ce soir là à Douai !

Les comédiens à l'issue de la représentation, qui était la 200ème ce soir là à Douai !

Pour ce 28 février 2019, la pièce proposée s’intitulait Deux mensonges et une vérité, de Sébastien Blanc et Nicolas Poiret et qui s’apparente à un beau petite vaudeville que Feydeau ne renierait pas. 

Tout commençait pourtant très bien entre Philippe et Catherine, qui fêtaient tranquillement en amoureux leur 27ème anniversaire de mariage. Mais au bout de 27 ans, il est vrai qu’une certaine routine peut s’installer, qu’on peut se croire arrivé au bout de chemin. Penser que l’on n’a plus rien à prouver tant il est impossible de surprendre son autre motif. C’est le constat que fait Philippe, avocat de profession, à sa femme Catherine. Mais ce constat n’a rien de flatteur et rien de satisfaisant pour elle. Comment ça, elle ne peut plus surprendre son mari ! Vient alors l’idée du jeu qui donne son nom à la pièce. Trois propositions, deux mensonges, une vérité. Il s’agit alors pour l’autre de repérer la proposition vraie. Lorsque Philippe énonce ses propositions, Catherine trouve la bonne réponse en un quart de seconde. En revanche, lorsque Catherine énonce ses trois propositions, on se rend compte qu’au final, elle peut s’avérer plus surprenante qu’il n’y parait !

En effet, lorsque les propositions données instillent le doute sur la personne avec laquelle on partage sa vie, il y a parfois de quoi devenir fou. Et c’est exactement ce qui se déroule. Ainsi, on a un florilège de toutes les formes d’humour possibles et imaginables. Le rire est souvent gras, cruel, jaune et c’est jubilatoire. Les comédiens se donnent à fond, avec un Lionel Astier en Philippe qui perd peu à peu les pédales, son associé interprété par Frédéric Bourlay qui plus il essaye de l’aider, plus il l’enfonce, et enfin, surtout, une sublime Raphaëline Goupilleau en Catherine, pleine de grâce, de malice et d’émotions.

En plus de cette distribution, le point fort de cette pièce est le rythme où même les changements de décors se font de façons dynamique. Une fantastique énergie se diffuse tout au long des scènes, les répliques fusent, ce qui donne souvent des quiproquos, des lapsus volontaires, des décalages et surtout, des réparties bien senties qui démontrent une très belle écriture.

Car ici, le thème du couple est disséqué sous toutes ses formes. On se demande de quoi il s’agit, comment ça évolue, pourquoi ça dure, pourquoi ça casse et même si la tonalité générale est à l’humour, l’ensemble n’est pas dénué de profondeur et de bienveillance. En effet, parfois on peut avoir quelque chose de précieux sans pour autant s’en rendre compte, et il est parfois nécessaire d’en entrevoir la perte afin de pouvoir l’apprécier à sa juste valeur.

Une pièce au rythme énergique, à la mise en scène efficace et servie par des comédiens généreux. Du vrai théâtre en somme où le rire ne se fait jamais désirer !

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