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Publié par andika

Je n'ai pas pour habitude d'aller écouter des orchestres de province en concert, pour la simple et bonne raison que j'habite en région parisienne et qu'il y sévit déjà suffisamment d'orchestres comme cela. Mais souvent, on a l'opportunité de venir les voir se produire à Paris, notamment à la philharmonie, notamment ors du Week-end Orchestres en fête. Mais aussi parfois au cours de concerts dans la saison. C'est ainsi que le samedi 2 février 2019, j'ai eu le chance de découvrir l'Orchestre national des Pays de la Loire, dirigé par son directeur musical Pascal Rophé. Ce concert s'inscrivait dans le cadre du week-end consacré au compositeur italien Luciano Bério, les oeuvres proposées étaient des Lieder de jeunesse de Mahler orchestrés par Bério et la fameuse Sinfonia

Alors finalement, il n'y a pas trop de différence entre l'ONPL et les orchestres parisiens que je vais écouter d'habitude. Ils jouent juste, c'est bien en place et franchement, leur tenue vestimentaire tue.

Il était très plaisant de découvrir ces Lieder de jeunesse de Mahler orchestrés par Bério et chantés par le baryton allemand Andrè Schuen . Etant fan des symphonies, j'ai été très heureux de découvrir que certains passages de ces ouvrages prenaient leur sources dans ces Lieder. Ecrit à la base pour piano et voix, ils s'épanouissent vraiment dans l'orchestration de Bério

Dès le premier Lieder, dédié à Hans und Grete, on savoure la beauté de l'orchestre et le timbre du baryton qui chante le mot Ringel (tourner) avec beaucoup d'entrain. Dans le deuxième Lied intitulé Je marchais avec joie à travers un bois vert, on constate l'usage intéressent des bois et la tranquillité du rythme.  Matin de printemps quant à lui présentait énormément d'humour. Tandis que  Phantasie et Scheiden und Meiden marquaient par la qualité de leur orchestration respective. Avec un tutti puissant dans le second nommé, tant et si bien que la voix de Schuen avait parfois du mal à atteindre le second balcon. Le deuxième cycle de Lieder de jeunesse présentait notamment Ablösung im Sommer qui a inspiré directement le scherzo de la Symphonie n°3 de Mahler. L'orchestration y est beaucoup plus légère mais tellement dans la tendance de Mahler dans l'usage des timbres. On sent à quel point le travail de Bério est remarquable tant entend quelque chose de familier mais qui en même temps est assez original. Nicht wiedersehen! était quant à lui très triste, le chanteur était déchirant sur certaines paroles "Wo ist meine Herzallerlibste die ich verlassen hab" (Où est ma chérie que j'ai quittée). Au contraire, le lied Um schlimme Kinder artig zu marchen (Pour rendre sage les vilains enfants) était joyeux, avec des onomatopées scandées vaillamment par le baryton Cou-cou avec un jeu de question réponse entre l'orchestre et le soliste savoureux.

La Sinfonia quant à elle était comme d'habitude riche, un peu confuse dans toutes ses citations mais surtout, inlassablement inclassable. Toutefois, on sentait un orchestre vraiment majestueux.

Un beau samedi soir à Paris en compagnie d'un orchestre de province.

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