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Publié par andika

Ce blog parle de ma vie culturelle qui se résume majoritairement au cinéma et aux concerts, de préférence de musique symphonique. Alors lorsqu'un seul événement rassemble ces deux genres et ne fait qu'un unique spectacle, il est tout à fait normal que cela capte notre attention ! Comment tarder encore à se jeter dans l'expérience du ciné-concert, surtout lorsque le film proposé est d'un tel acabit ! En effet, quoi de mieux que Star Wars, le seul, le vrai, le premier, l'original, pour vivre sa première expérience de ciné-concert. Cinéphile et mélomane je suis et comblé j'ai été après cette expérience du vendredi 4 janvier 2019 à la philharmonie de Paris.

Comblé musicalement tout d'abord, car en effet, entendre pour la première fois la bande originale de John Williams en vrai a été une très belle expérience. De plus, l'Orchestre National d'Ile de France était chargé de la partie orchestrale et il s'agissait d'une bonne pioche.

l'ONDIF est l'orchestre permanent le plus passionné que je connaisse, toujours à fond et sourire aux lèvres, quel que soit le répertoire.

Carnet sur Sol

Sur ce point, je ne peux que souscrire. J'ai toujours trouvé l'ONDIF très enthousiaste dans tout ce qu'il entreprenait. De plus, cet orchestre pratique souvent la fosse à l'opéra de Massy, ce qui lui permet d'aborder ce genre d'exercice d'accompagnement avec sérénité. Enfin, il était dirigé pour l'occasion par le chef Ernst Van Tiel, spécialiste des musiques de film et même du ciné concert.

Pour que le ciné concert fonctionne, il est indispensable que l'orchestre soit très précis au niveau du tempo. Mais l'exercice est peut-être moins difficile qu'on pourrait se l'imaginer. En effet, là où à l'opéra, le chef est souvent soumis au bon vouloir du chanteur (ou de la chanteuse), qu'il doit suivre et qui n'est pas à l'abri d'inattendu tout humain qu'il est. Au contraire, au ciné concert, tout est précis, fixé sur la pellicule. Le film se déroulera toujours de la même manière, invariablement, indéfiniment, tant et si bien qu'une fois maîtrisée, la partition ne requiert que de la répétition, le facteur de réactivité à ce qui se passe sur "scène" est moins important. On sait avant la représentation quels problèmes peuvent se rencontrer, ce qui permet de les régler bien en amont. Ainsi, aucun souci pour entendre les dialogues du film qui se déroulent sur de la musique. Aucun souci non plus avec les bruitages. Tout est aussi intelligible que lors d'une séance de cinéma traditionnel. Mieux encore, on profite davantage de la musique. Une musique qui est parfois un peu reléguée sur la bande originale dans le mixage reprend ici toute sa place illustrative de l'image. On ne peut plus négliger la musique en ciné concert, on ne peut plus en faire abstraction, le son reprend le pas sur l'image. Et c'est là que le talent de John Williams prend toute sa place (enfin, c'est pas lui qui a composé la musique du logo de la Fox que l'orchestre a aussi joué !).

Ainsi, dès qu'un vaisseau de l'empire apparaît à l'écran, on entend des cuivres qui deviennent omniprésents et instaurent une ambiance oppressante. Les leitmotivs des différents personnages ont ici une place prépondérante, notamment le thème de Leia, et celui de Luke (qu'on appelle aussi thème de la force). Le côté épique de la musique lorsque le Faucon Millenium abat des TIE fighter. Et plus le film avance, plus on se rend compte que l'orchestre joue énormément. Il a même une importance capitale qu'on ne perçoit pas forcément en regardant le film normalement. Ainsi, le travail de transfiguration perpétuelle des thèmes chez Williams s'entend d'autant mieux ici. Et lorsqu'on connait bien la saga, on sent déjà les ferments musicaux de futures scènes magistrales.

Mais la véritable plus-value, c'est que la musique de Williams devient vivante. Le disque, la bande origine, c'est très bien, mais une musique orchestrale est avant tout faite pour être jouée par un orchestre et pour être écoutée de préférence dans la salle avec cet orchestre. Ainsi, ce qui est figé ad vitam aeternam sur la bande originale peut perdre un peu de vigueur, de vitalité. Cela devient une image figée, qui ne vit pas. Alors qu'en ciné concert, la musique est concrète, vivante, elle irrigue le public, quitte enfin le papier et le support de la pellicule pour finalement prendre toute sa place. Surtout lors du généréique de fin lors duquel pas un chat n'a bougé ! C'est en cela qu'il s'agit d'une expérience vraiment vivifiante. Rien de tel pour bien commencer l'année 2019 !

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