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Publié par andika

Mercredi 30 janvier 2019, avait lieu à l'opéra Bastille un concert symphonique ! Chose assez rare et pourtant très agréable ! En effet, l'acoustique de ce vaisseau se marie assez bien avec le répertoire symphonique. Surtout, lorsque Philippe Jordan convoque la Symphonie n°3 en ré mineur de Gustav Mahler. Ainsi, l'Orchestre de l'Opéra national de Paris sort de la fosse pour une soirée. Mais ce qu'il y a de bien avec la 3ème de Mahler, c'est que c'est de loin sa symphonie qui ressemble le plus à un opéra tant ses dimensions sont gigantesques, six mouvements, un double choeur et près de 1h30 de musique selon les interprétations. La partie vocale de la soirée était assurée par le choeur des femmes de l'Opéra national de Paris, la Maîtrise des Hauts de Seine et le choeur des enfants de l'Opéra national de Paris. Enfin, la soliste était la mezzo allemande Michaela Schuster. (Il s'agit déjà de la troisième fois que l'auteur de ces lignes entend cette oeuvre en concert après l'ONF et le BSO !)

Artistes à l'issue de la représentation.

Artistes à l'issue de la représentation.

Tout l'intérêt d'écouter un orchestre d'opéra dans du symphonique, c'est d'aller y déceler les qualités de la fosse sur scène. A savoir la réactivité, la souplesse et aussi, la capacité d'accompagnement du chant. Tout cela, nous l'avons entendu lors de ce concert. On a alors le loisir de constater la qualité de chacun des pupitres.

Ainsi, dans le I, Kräftig, la lecture de Jordan est très séquencée, on entend de nombreuses transitions jouées simplement à la grosse caisse. Mais chaque partie de ce monumental mouvement se marie bien avec l'autre, et la progression se fait de manière cohérente. Surtout lors de la réexpédition où la répétition de l'appel des cors montre une grande puissance. L'attention ne se perd pas lors de cette longue introduction et on apprécie l'architecture de l'ouvrage. Le II quant à lui a un tempo très allant, laissant la part belle aux bois, avec le très beau hautbois solo ainsi que la flûte solo.  L'ensemble est toujours aussi allant dans le III, qui figure ce que content les animaux. Le rythme est sautillant, les basse vrombissantes et l'ensemble figure bien une meute qui avance paisiblement, tout en étant conséquente. Le cor de postillon placé en coulisse arrive telle une apparition céleste et installe une ambiance paisible dans le ciel de Bastille. La quiétude se poursuit dans le IV avec l'apparition de la voix de la soliste avec un fameux O Mensch. Que dire de Michaela Schuster hormis que sa voix a le timbre parfait pour cette oeuvre. Un grave profond, un allemand impeccable (logique). Mais on sent une certaine retenue dans la voix qui ne projette pas suffisamment.  Mais il peut être compliqué de délivrer la force nécessaire lorsque l'ensemble est noté ppp. Le hautbois solo répond à la soliste de manière très marquée en prenant à coeur le marcato noté sur la partition. Le V qui voit l'intervention du choeur et de la maitrise est un grand moment. Toute la science de l'opéra de l'orchestre fait son oeuvre ici. On aura rarement entendu une telle polyphonie dans un choeur dans cette partie. Les femmes déployaient une puissance dans le chant très impressionnante et cela offrait un grand contraste avec la partie précédente. Les coups de cloche étaient très sonores et le reste de l'orchestre accompagnait le chant avec une précision diabolique. On a coutume de dire qu'il faut garder le meilleur pour la fin, le VI entendu ce soir là a confirmé l'adage. Des corde en tous points exemplaires ont pu montrer toutes leurs qualités dans cette partie. La direction de Jordan étant précise, toujours en organisant des séquences. Cela amène une grande fluidité dans la gestion des différentes entrées ainsi que dans les changement de tempo. Le public ne s'y trompant pas, gardant un long silence à la fin avant de lancer une salve d'applaudissements (assez rare pour être signalé dans cette oeuvre).

Ainsi, on aura assisté à Bastille à un concert d'une grande qualité, par un orchestre qui semblait heureux de sortir de la fosse. Mais quelle oeuvre symphonique conviendrait mieux à l'opéra qu'une 3ème de Mahler ? Grande soirée.

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