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Publié par andika

Le midi trente du national est un rendez-vous savoureux au studio 104 de la maison de la radio. Une fois par mois, on a l'occasion de découvrir un répertoire toujours renouvelé. Cette fois-ci,  la particularité était qu'il s'agissait de transcriptions. En effet, la formation choisie en ce vendredi 19 octobre 2018 était assez étonnante, un trio composé de la harpe, de l'alto et de la flûte. Trois instruments qui peuvent parfois avoir des problèmes de justesse selon les mauvaises langues !

La talentueuse harpe solo du national, Emilie Gastaud, a concocté un programme allant de Rachmaninov à Ravel, en passant par Glinka, Mel Bonis et Gluck.

Mel Bonis est une compositrice française contemporaine de Ravel mais qui n'a pas la notoriété de ce dernier. Pourtant, que de charme dans ses Scènes de forêt. Dans le nocturne la harpe commence doucement puis la flûte de Philippe Pierlot chante et domine. Le II, à l'aube figure bien le réveil du matin et la nature chatoyante au dehors grâce à une harpe qui se met en avant. Le III, Invocation a un tempo lent avant que le finale Pour Artemis ne commence de manière vive avec un long thème sans cesse repris. Une belle entrée en matière.

Après cela, voici les Vocalises de Rachmaninov, mais au revoir le piano et la soprano et bienvenue à la harpe et l'alto! L'altiste Nicolas Bône est très intéressant à la place d'une soprano, il a de beaux aigus, un timbre chaud et un legato de toute beauté. La harpe existe dans l'accompagnement sans trop en faire et en montrant une très belle polyphonie. Quel plaisir de redécouvrir cette musique avec ces instruments !

Pour la Romance de Glinka, la flûte revient former le trio, comme son nom l'indique, le morceau est très romantique et on sent du vibrato à l'alto, et dans cette musique, les timbres se marient merveilleusement bien. Puis de nouveau un duo, flûte et harpe pour Orphée et Euridice de Gluck, très lyrique, on est presque à l'opéra.

Enfin, la sonatine de Ravel. On sent son style dans la musique, le I modéré rappelle beaucoup le concerto en sol, dans le menuet, chaque instrument existe de manière simple, dans le III, Animé, cela fuse de partout, la harpe est étonnante, elle soutient l'édifice tout en donnant l'impulsion, on goûte notamment à de sublimes glissendos et on entend des choses qui rappellent le quatuor.

Encore un très beau concert à midi trente, où l'on entend des choses inhabituelles pour un plaisir intense.

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