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Publié par andika

Le concert mensuel de midi trente au studio 104 de la maison de la radio commence à devenir un événement incontournable. L'édition du mois de février a eu lieu le vendredi 16 et était cette fois-ci consacrée aux cordes après les percussions au mois de janvier. Les cordes de l'orchestre national de France jouissent d'une belle réputation et il est possible d'affirmer qu'elles en ont été à la hauteur dans ce programme comprenant deux œuvres. Tout d'abord le Trio à cordes n°2 en si bémol majeur D 581 de Franz Schubert, puis le sublime Quintette à cordes n°3 en sol mineur K 516 de Mozart.  De la pure musique de chambre qui attire davantage de spectateur que les percussions.

Dans le trio de Schubert, Luc Hery, premier violon solo de l'ONF montre immédiatement sa très belle sonorité, ses deux comparses à l'alto et au violoncelle maintiennent un bel équilibre dans cet allegro très galant. L'adagio quant à lui avec une pulsation ternaire à une noire pointée se distinguait par son élégance, pas de tension, juste des fluctuation du tempo qui, lorsqu'il ralentissait, rendait les choses plus tristes. L’allegretto était quant à lui léger, l'alto et le violoncelle prenant enfin de l'importance avant un final où chaque instrument a pu montrer sa virtuosité. Œuvre de jeunesse de Schubert, composée dans un style rappelant Haydn, il s'agissait d'une très belle entrée en matière avant l'apparition de la musique du divin Mozart.

Ce quintette K516 date de la terrible année 1787 qui a vu la mort de Leopold, son père, ainsi que la désaffection du public. La tonalité choisie de sol mineur n'est pas anodine non plus, elle rappelle par exemple le quatuor avec piano K 478 ou encore ses 25ème et 40ème symphonies. Mais c'est dans la tristesse et la mélancolie que Mozart déniche parfois toute la beauté du monde, et c'est le cas ici où le premier violon énonce le thème tandis que les autres instruments jouent des notes répétées en soutien dans l'allegro initial, amenant de la tension, de la peur et de la tristesse. Une intensité rappelant des battements de cœur fébriles. Le II, qui est un menuet noté allegretto a pourtant été joué avec un tempo très modéré. Toutes les ruptures et les contretemps étaient déchirants, ces accords forte venant ponctuer les phrases abruptement. Les contrastes dynamiques, les nuances, tout était parfaitement exécuté toujours avec un brillant premier violon. Puis Mozart ponctue sa partition non pas par un mais deux adagios, toutefois le IV se termine par un allegro en mode majeur, joueur, joyeux mais triste au fond. Une musique sublime, profondément touchante, qui suspend le temps lors d'une pause déjeuner au studio 104 de la maison de la radio où plus rien d'autre ne compte. Un merveilleux moment hors du temps avec Mozart dans cette musique de chambre intimiste, si près de nous. Que d'émotions si dificillement descriptibles avec des mots !

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