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Publié par andika

Aus dem Nicht traduit de l'allemand au français par In the Fade, ce qui est assez étonnant puisque c'est de l'anglais au final. Mais il s'agit de la seule fausse note, qui, ma foi, ne dépend pas forcément de l'auteur du film.

Mon amour de la langue de Goethe m'a conduit à aller voir ce film et encore une fois, je n'en sors pas déçu. Peu de films en langue allemande sortent en France mais ceux qui nous parviennent sont en règle générale excellent.

Aus dem Nichts qu'on pourrait éventuellement traduire part venant du rien est un film poignant. De part son scénario tout d'abord, de part la performance des acteurs ensuite, surtout Diane Kruger, et enfin, de par sa sublime mise en scène.

Trois actes, la famille, la justice, la mer pour trois genres différents. Banale histoire familiale au début, puis chronique judiciaire passionnante, froide, et enfin thriller suffocant. Aus dem Nichts parvient avec brio à faire passer ses messages. On suit l'itinéraire de Katja interprétée par une mervilleuse Diane Kruger. Elle vit un drame indicible puis est confrontée à la justice et enfin, à ses démons.

Ce film aurait pu se planter magistralement mais on sent une ambition dans la mise en scène. Comme ce traveling initial en légère contreplongée sur ce personnage habillé d'un costume blanc qui sort d'une cellule de prison et qui contraste tellement avec ses codétenus. On se pose des questions puis on s’aperçoit qu'il se rend tout simplement à son mariage.

Ce plan en plongée au sein du tribunal lorsque la mère éplorée est amenée à enfin venir témoigner, la caméra fixée au dessus se met dans la perspective de tout le poids du monde qui pèse sur les épaules de cette femme.

Cette pluie omniprésente. Cette scène filmée de nuit avec des personnages qui ne sont que des ombres dans un banal salon d'une maison. Ce plan large où un personnage flou apparait dans le fond du champ, semblant amener la mort avec lui. Que d'idées merveilleuses de mise en scène, que d'ambition, que de créativité. 

Mais ce film ne s'illustre pas que dans l'aspect formel. Il prend à la gorge, que ce soit une baignoire ensanglantée, ou encore le témoignage d'un père à l'encontre de son fils. Tant de passages marquent. Il y a une latence, un drame contenu qui ne demande qu'à exploser mais qui ne le fait pas tout le long du film. Une colère qui nécessite une catharsis, une délivrance. Une douleur qui ne peut être soulagée que par la destruction pure et simple. Un itinéraire qui semble laisser des opportunités mais qui finalement ne laisse plus aucune issue.

  nous livre un film merveilleux, tant sur la forme que sur le fond, qui interroge sur ce qu'est notre société. Qui interroge sur les limites de notre État de droits lorsqu'on s’aperçoit que les libertés fondamentales sont avant tout usées par les bourreaux contre leurs victimes, comme le montre le rôle sordide d'un avocat. De la rigueur, un constat clinique, germanique, des émotions nuancées pour aboutir à un final grandiose qui ne laissera personne indifférent. Un grand film.

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